"Autant me dire qu'il a été tué": ces Ukrainiennes attendent en vain des nouvelles de leurs proches disparus
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"Chaton, je t’aime, je dois y aller." Ce message, lapidaire, est le dernier signe de vie reçu il y a un an et demi par Oleksandra de la part de son mari, Oleksandr, soldat de l'armée ukrainienne envoyé sur le front afin de lutter contre l'invasion russe, débutée il y a maintenant plus de trois ans.
Comme Oleksandr, ils sont 50.000 soldats à avoir disparu, et leurs familles ignorent leur destin: morts, prisonniers, blessés ou bien même déserteurs.
"On m’a donné des versions contradictoires, d’abord qu’il aurait été tué par une grenade, qu’il serait revenu en Ukraine, puis on m’a dit qu’il aurait marché sur une mine et enfin qu’il se serait fait bombarder par l’artillerie", dit Oleksandra à BFMTV.
Malgré de nombreuses relances auprès des autorités militaires, cette dernière ne parvient pas à obtenir plus de précisions.
"On fait plein de demandes, on envoie des lettres, mais la réponse est toujours la même: ‘attendez, attendez.’ Je ne comprends pas pourquoi ils ne nous disent pas où il est, autant me dire directement qu’il a été tué", ajoute-t-elle.
À Kiev, des centaines de femmes manifestent et exigent des réponses des autorités locales. "Ramenez nos maris vivants, ramenez nos maris vivants!", scandent-elles.
"Je veux une réponse de l’État, je veux qu’ils nous aident à retrouver nos héros, nos maris, nos pères", nous dit l'une d'entre elles. Et une seconde d'ajouter: "Je n’attends plus rien d’eux. Ils sont assis dans leurs bureaux, réchauffent leurs culs, et ne veulent plus rien faire. Honte à eux, honte à eux."
Face à l'impuissance de l'État, de nombreuses familles se tournent vers la Croix-Rouge, qui dispose d'un accès aux listes de soldats morts et prisonniers. Là encore, les appels restent la plupart du temps sans réponse. "Malheureusement, je n’ai rien de nouveau, mais quoi qu’il arrive, on continue de chercher", explique Yulia, employée du Comité internationale de la Croix-Rouge, à une famille.
"La plupart d’entre eux ne recevront certainement jamais la réponse qu’ils veulent entendre, pour d’autres, cela pourrait prendre des années", fait valoir Pat Griffiths, porte-parole du Comité internationale de la Croix-Rouge.
Selon Volodymyr Zelensky mi-février, 46.000 soldats sont tombés au combat depuis le début de l'invasion russe. Un chiffre qui pourrait doubler s'il venait à intégrer les 50.000 disparus.
BFM TV